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Depuis des jours et des jours la Presse, les écolo, la droite se livrent à un Batho Bashing. Elle ne serait pas compétente. Elle serait prête à créer une commission pour étudier les possibilités de permettre l'émergence du gaz de schiste. Elle renoncerait à fermer la centrale de Fessenheim. La grande conférence écologique serait un crachat dans un verre d'eau...
Tout cela n'est que rumeurs.
La Ministre de l'environnement dément totalement ces rumeurs infondées et ferme la porter au gaz de schiste.
A la veille de la conférence environnementale Delphine Batho (photo) a coupé court aux spéculations. Mercredi, elle a démenti catégoriquement que le gouvernement s'apprête à « entrouvrir la porte » à l'exploration expérimentale des gaz de schiste, comme le laissait entendre un article paru dans le Figaro.
« Ce sont des spéculations imaginaires qui sont sans fondement », a déclaré à l'AFP Mme Batho. Le quotidien avait affirmé que le gouvernement pourrait « donner des gages » aux industriels.
Madame Parizot, avait d'ailleurs plaidé sur France Inter pour qu'il y ait au moins un débat, excipant de la grande technicité des entreprises françaises qui selon elle avaient la capacité d'extraire du gaz de schiste sans dommages pour l'environnement, oubliant les risques considérables d'une telle exploitation pour la nappe phréatique, pour l'eau, pour le climat.
Arnaud Montebourg, également sur France Inter avait soutenu la position de Delphine Batho, ajoutant l'extraction du gaz de schiste est polluante, donc elle sera interdite. C'est la position du gouvernement.
Nicolas Hulot, a d'ailleurs demandé un moratoire demandé sur l'exploitation des gaz de schiste en France, faisant même de sa demande un préalable au succès de la conférence environnementale. « S'il n'y a pas un moratoire sur l'exploitation des énergies fossiles non conventionnelles, je pense que ça augure mal de cette conférence », a déclaré mercredi sur RTL le candidat malheureux à l'investiture d'Europe Ecologie-Les Verts pour l'élection présidentielle.
Le veto de la ministre de l'Ecologie survient après la récente publication de trois rapports commandés par la Commission européenne.
Ils dressent le bilan sanitaire et environnemental, climatique et économique d'une hypothétique exploitation des gaz non conventionnels en Europe. Le rapport publié par la DG environnement de la Commission européenne le montre : l'exploitation des gaz de schiste s'avère plus polluante que l'exploitation avec les méthodes traditionnelles. Et elle ne procurerait pas l'indépendance de l'Europe en gaz naturel. « Le meilleur scénario pour le développement du gaz de schiste en Europe est celui dans lequel la baisse de la production conventionnelle de gaz peut être remplacée et la dépendance aux importations maintenue à un niveau d'environ 60% », souligne l'étude du Joint Research Center de la Commission européenne).
Selon l'Association santé environnement, qui rassemble 2.500 médecins, l'exploitation des gaz de schiste serait dangereuse, non seulement pour l'environnement mais aussi pour la santé. Un paramètre que les politiques ne plus peuvent négliger.
En effet, un sondage réalisé par l'Ifop (du 4 au 6 septembre, auprès de 1.004 Français) à la demande du WWF et du Rassemblement pour la planète, montre que plus de la moitié (52%) des sondés (63% chez les femmes, 41% chez les hommes) attendent de cette conférence des décisions sur les liens entre santé et environnement -un des cinq grands thèmes de la conférence. Quelque 24% mettent au premier rang de leurs soucis la transition énergétique (32% des hommes, 17% des femmes), 9% la biodiversité, 8% la fiscalité écologique et 7% la place de l'environnement dans les institutions.
Sur la question des gaz de schiste, un autre sondage réalisé par Mediaprism pour le compte de l'Observatoire sur la responsabilité sociale des entreprises (ORSE) fait état derésultats serrés : 40 % des sondés y sont favorables, 38 % sont d'un avis contraire (22 % ne se prononcent pas) et trois personnes sur quatre s'estiment mal informées sur le sujet.
Le MEDEF se soucie peu du développement durable et des énergies renouvelables. Il se soucie peu de la santé des populations. Ce n'est d'ailleurs pas une première...On connaît sa politique concernant l'usage des pesticides...Des médicaments inutiles et dangereux qui plombent les comptes de la Sécurité Sociale. La seule chose qui l'intéresse, c'est une énergie peu chère qui est une aubaine pour les entreprises
L'argent, les prix de l'énergie favorisant la compétitivité, tel est le débat qu'il mène en ce moment, débat alimenté par la chute des prix du gaz outre-Atlantique ; une chute permise par l'exploration massive des gaz de schiste. L'enjeu de compétitivité est, sur ce dossier, porté par Solvay, qui rappelle acquitter une facture énergétique de 1,5 milliard d'euros (pour 13 milliards de chiffre d'affaires), dont 500 millions d'euros de gaz en Europe, soit une perte évaluée à 300 millions par rapport au prix du gaz outre-Atlantique.
Le patronat souhaitait avancer avec prudence sur ce dossier à la conférence environnementale qui se tient ce week-end. L'Union française des industries pétrolières souhaitait seulement « poser un jalon », pour que la porte « ne soit pas fermée à double tour »
Le problème c'est que gouverner c'est choisir. Et le gouvernement a choisi. La ministre de l'Ecologie et de l'Energie vient de verrouiller à double tour cette porte, conformément à la décision du Président de la République et à la position du gouvernement.
On ne peut que s'en réjouir
Elle a notamment fait part de ses intentions :
*Des mesures d'urgence pour les filières éolienne et solaire hexagonales, actuellement en difficulté, doivent être annoncées samedi au terme de deux jours de tables rondes consacrées à l'avenir énergétique et environnemental de la France.
"Cela confine à l'absurde que le développement des énergies renouvelables contribue à creuser le déficit de la balance commerciale alors qu'on a des savoirs-faire", a fait valoir Mme Batho à l'AFP.
La ministre a notamment suggéré que la production en France soit un critère dans les appels d'offres dans les énergies renouvelables, comme le suggère un rapport commandé par le gouvernement.
Il s'agirait "d'intégrer dans les marchés publics et les appels d'offres des clauses liées à la création de valeur ajoutée en France (...) et j'y suis éminemment favorable", a déclaré Delphine Batho, se contentant de dire que cette proposition "pourrait" être entérinée samedi.
La prise en compte du "made in France" figurait déjà dans le premier grand appel d'offres français dans l'éolien en mer, qui avait essentiellement consacré des groupes français, EDF et Alstom principalement, mais aussi Areva.
Selon des sources concordantes, l'appel d'offres pour deux champs éoliens en mer supplémentaires (Le Tréport et Noirmoutier, en plus des 4 projets déjà retenus) doit d'ailleurs être lancé samedi, une information que Mme Batho s'est refusée à confirmer.
*"Un cadre réglementaire pérenne"
La ministre s'est rendue mercredi à Ormes (Loiret) au siège de Vergnet, pionnier français de l'éolien actuellement en difficulté. Spécialisé dans les zones cycloniques avec une éolienne rabattable en cas d'ouragan, ce constructeur a vu s'effondrer ses importants marchés Outre-mer, notamment à cause de contraintes réglementaires.
"Les entreprises ont surtout besoin de visibilité à long terme, avec un cadre réglementaire pérenne et stable", a dit Mme Batho à l'AFP. "Il y a eu une instabilité réglementaire et tarifaire qui a créé des mouvements de stop and go", a-t-elle déploré.
Deux mois après la conférence sociale et cinq ans après le Grenelle, François Hollande ouvre vendredi le chapitre écologique de son quinquennat avec une conférence de deux jours censée relancer le dialogue environnemental, à la peine, entre Etat, ONG, entreprises, syndicats et élus.
Un grand débat sur la transition énergétique doit suivre à l'automne et s'étaler en 2013.
La ministre a rejeté les accusations de ceux qui voient ces grandes discussions comme une perte de temps face à l'urgence écologique: "Le débat, ce n'est pas pour enliser les décisions. Surtout quand on doit faire des choix qui engagent bien au-delà du quinquennat".
Alors que les ambitions environnementales s'effacent avec l'enlisement dans la crise économique, Mme Batho a aussi invité à voir l'écologie non pas comme "une contrainte mais comme un facteur de compétitivité".
"Dans la situation économique actuelle, il n'y a pas 36 politiques qui peuvent jouer un effet de levier sur la croissance. Il y a la politique du logement, et il y a tout ce qui est lié à la croissance verte", selon elle.
Selon les premiers renseignements dont nous disposons, notamment source France Info, en ce premier jour de la conférence, François Hollande aurait, dans un discours que Cécile Duflot qualifie d'émouvant annoncé la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim pour 2016, conformément à ses promesses de campagne et fermé la porte au gaz de shiste.
Les critiques apportées par Madame Parizot montrent d'ailleurs sa déception.
Soyons sûrs que le patronat continuera à faire pression sur le Président de la République pour que rien ne change. Il faudra un jour que la Présidente du MEDEF comprenne un jour que l'ère Sarkozy est terminée et qu'elle s'adapte au changement. La conférence n'est pas terminée mais a déjà apporté des éléments positifs .
POUR LE PATRIOTISME ECOLOGIQUE
POUR LA TRANSITION ENERGETIQUE
POUR LA MUTATION ECONOMIQUE DE L'ECOLOGIE
DELPHINE BATHO MARCHE DANS LES PAS DE SEGOLENE ROYAL.