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A l’occasion d’un vote sur une proposition de loi socialiste, l'Assemblée nationale a rejeté par 293 voix contre 222 la possibilité d’ouvrir le mariage à deux personnes du même sexe. L’ensemble de la gauche a voté en faveur du texte, tandis que la majorité des députés UMP-Nouveau Centre se sont prononcé contre.
Le député UMP du Lot-et-Garonne Michel Diefenbacher a expliqué que la majorité était « contre l'homophobie », mais qu’elle ne souhaitait pas « altérer dans l'inconscient collectif l'image et la fonction du mariage, (…) une institution » chargée de « la protection du plus faible, à commencer par la femme ». Le député PS de Paris Patrick Bloche, rapporteur du texte a pour sa part défendu la proposition de loi, censée « avant tout faire tomber une discrimination », puisqu’elle se limitait à « l'homoconjugalité », et n’allait pas jusqu’à « l'homoparentalité ». Il a notamment invité la majorité à « partager la fierté d'avoir fait franchir à la France une nouvelle étape dans l'égalité des droits », mais sans succès.
Si l'issue du vote est conforme à ce qui était attendu, depuis que le gouvernement et la majorité s'y étaient clairement opposés, il reste à noter qu’une frange d’élus UMP et Nouveau Centre se sont abstenus ou ont même voté en faveur du projet, ainsi que l’atteste le décompte des votes. On note que les anciens ministres Jean-Louis Borloo et Yves Jego, ou des personnalités telles qu’Axel Poniatowski ou Jean-Christophe Lagarde, ont soutenu la perspective du mariage homosexuel. François Bayrou, Jean Lasalle, Nicole Ameline, Christian Estrosi ou Edwige Antier, parmi d’autres, se sont abstenus.
Face à ce rejet timide d’un projet de loi au contenu particulièrement subversif, qui ouvrait la porte à la possibilité d’adoption par les homosexuels, les députés Véronique Besse et Dominique Souchet ont notamment exprimé leur regrets « que sur un texte aussi fondamental pour l'avenir de notre société, la majorité n'ait pas su faire preuve de plus de cohérence. Le soutien de plusieurs élus UMP et centristes à la proposition du PS est un signe très inquiétant pour la famille à l'approche des échéances 2012 », ont-ils déploré.
Dans leur communiqué, les deux députés MPF ont argumenté en soulignant qu’« il appartient à l'Etat de protéger et de valoriser par la loi les liens qui constituent le socle de la société. » Or le mariage, « union d'un homme et d'une femme » et « cadre de la filiation, constitue une institution facteur de stabilité sociale et de protection pour les enfants. » Il ne s’agit pas là d’une définition fondée sur des « préceptes religieux », ont-ils rappelé, mais d’une compréhension « inscrite au cœur de notre Code civil depuis plus de deux siècles ».
Avec son franc-parler coutumier, le député UMP du Nord Christian Vanneste a de son côté mis en cause les effets de mode et les caprices des lobbies qui distraient l’Assemblée de sa mission politique. « « Je ne vois pas en quoi l'Assemblée nationale doit s'intéresser à une aberration anthropologique. Il n'y a que deux sexes, les hommes et les femmes. Et la société doit assurer sa pérennité par le mariage des hommes et des femmes. Le reste, c'est une question de mode, liée à quelques lobbies qui ont manifestement beaucoup de pouvoir", a-t-il ainsi déclaré. « Ce n'est pas parce que quelques personnes ont des comportements, disons "curieux", que forcément la société doit s'en préoccuper. C'est une affaire privée, qui ne concerne pas l'avenir de la société », a-t-il poursuivi. « C'est du plaisir sexuel, c'est du divertissement, de l'affection. En quoi cela intéresse la société? La société s'intéresse au mariage dans la mesure où il est lié à la procréation dans la majeure partie des cas », a argumenté le député du Nord, pour qui « ce n'est pas la première fois qu'une mode sera à la mode parce que la presse l'aura décidé. »