Ségolène Royal a rencontré DSK. Sur ce sujet politique et sur mon billet » Non DSK n’est pas de gauche!« , j’ai reçu quelques mails et quelques retours d’incompréhension avec un argument qui leur semblait imparable et qui pourtant pour moi ne me touche nullement: » La priorité c’est de virer Sarkozy! ». Personnellement je suis en total désaccord avec cette affirmation et cela me semble être la négation même de la politique et du respect des citoyens. Il me semble qu’en tant que militant socialiste ma priorité doit être d’établir le socialisme dans mon pays.
Je me dois pour commencer expliquer quelle est ma vision du socialisme et démontrer que loin d’être une idée dépassée c’est encore une idée d’avenir en ce début du XXIème siècle. L’idéal du socialisme est de créer une société où n’importe quel humain aura à sa disposition les moyens collectifs lui garantissant de vivre dignement, besoins primaires, et de construire sa vie, besoins secondaires. C’est-à-dire consolider l’idée de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Construire et solidifier des services publics efficaces et les mettre à disposition de tous sur l’ensemble du territoire. Mais cela ne veut pas dire avoir une vision stalinienne de la société car cela ne doit pas empêcher l’éclosion de l’individu. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre services collectifs, financés par la collectivité, et besoin individuel que l’on finance soi-même. L’impôt doit servir à la construction collective et à l’amélioration du bien-vivre ensemble. Pas l’inverse! Et c’est exactement là que se joue la contradiction du parti social-démocrate appelé ironiquement peut-être parti socialiste.
Les sociaux-démocrates partent du principe qu’il faut accepter la mondialisation libérale comme un acquis et qu’il faut le réguler en construisant une gouvernance mondiale. Ils croient donc, ou feignent de nous faire croire, que la création d’un gouvernement mondial permettra de mieux résoudre les crises d’ampleur mondiales. Si on peut admettre l’image dans notre tête qu’il est vraiment évident qu’une nation individuelle ne peut pas influer sur le cours des choses globales et qu’il est donc indispensable de se regrouper, faut-il pour autant nier les nations? Oui est la réponse claire et nette apportée par DSK , par Rocard et par d’autres. L’objectif du parti socialiste est l’Europe à tout prix pour peser dans la mondialisation mais en oubliant de nous dire que cette Europe que l’on construit, on l’éloigne de plus en plus des citoyens et qu’elle est dominée par des lobbys libéraux. Voilà déjà un exemple de gouvernance supra-nationale sur lequel on peut s’appuyer pour en retirer les conséquences pour les peuples. Ceux-ci y trouvent-ils le réconfort et le bien-être supplémentaire qu’ils sont en droit d’attendre d’une superstructure sensée mieux nous protéger?
On se rend bien compte au contraire que l’Europe est vue comme une attaque contre les nations et pas comme un regroupement amical et solidaire de nations voisines. Autrement dit l’Europe ne se construit pas sur une idée socialiste de partenariat mais sur une logique libérale de concurrence libre et non faussée. Un dogme qui n’est nullement remis en cause par les sociaux-démocrates. Certes ils parlent de l’assouplir et nous abreuvent de belles paroles mais ils savent très bien que l’Europe qu’ils nous imposent n’est pas une Europe qui permettra l’idéal socialiste tout simplement parce que l’on a vendu le nerf de la guerre à des intérêts privés et libéraux que sont les banques et institutions financières.
Comment faire croire à un peuple de mieux en mieux informés que l’on peut évoquer une changement de paradigme, un changement de société, un modèle alternatif aux conservateurs libéraux, sans même indiquer que la priorité sera donc de reconquérir notre souveraineté monétaire et financière sur nos dépenses publiques au minimum! Or le nœud du problème est là bien évidemment. Car les banques prêtent aux états avec des taux d’intérêts que ces états doivent rembourser. Après un moment ces intérêts s’accumulent jusqu’à former une montagne infranchissable et non remboursable même. La France ne rembourse même plus sa dette mais seulement ses intérêts chaque année! Le budget N°1 de notre pays est le remboursement des intérêts dû aux banques privées. Vous imaginez le pouvoir exorbitant que détiennent ces banques? Elles nous ont passé la corde autour du cou et serrent quand bon leur semble. Elles ont besoin de liquidités? Elles créent une crise financière facilement en crevant leur propre bulle indécente construite sur la spéculation et les malversations, et exigent que les états se plient à leur demande de sauvetage. Pour les banques il y aura toujours de l’argent. Pour le social de moins en moins. Ce sont donc bien deux logiques qui s’affrontent.
Mais au parti socialiste non. Il n’y a aucun débat là-dessus. Même au congrès de Reims où on aurait pu espérer que le débat se porte précisément sur ce sujet fondamental on a préféré évoquer la stratégie des alliances au second tour de la présidentielle…Que peut-on attendre d’un parti politique qui nie à ce point l’idéal socialiste de démocratie jusqu’au bout en son sein. Nous n’avons jamais eu de débats sur ce sujet et si on en parle alors on est sûrement complotiste ou illuminé.
DSK est donc tout à fait dans cette logique social-démocrate dont il est par ailleurs l’instigateur et un des zélateurs les plus éminents. Mais tout l’oligarchie du parti socialiste est sur cette même voie. Même Hamon qui parade avec son monde d’avance avale couleuvre sur couleuvre tant il veut garder sa place au politburo. Et dès qu’il bouge il se fait reprendre de volée.
Jusqu’à peu il restait Ségolène Royal pour incarner le socialisme. Elle avait su reprendre à son compte l’idéal socialiste et l’adapter au nouveau monde: Démocratie participative citoyenne ( en opposition complète avec la gouvernance mondiale), lier le dynamisme économique à la création de progrès social et d’excellence environnemental ( en opposition au libéralisme financier), les états-unis d’Europe (en opposition à l’européisme forcené qui nie les nations). Voilà quelques grands thèmes qui caractérisent l’idéal socialiste porté par Ségolène Royal, il me semble, et qui sont en totale contradiction avec la vision social-démocrate. Mais bien sûr il lui manque à nous dire comment instaurer et trouver des marges de manœuvres financières dans une société contrainte par les banques…
Dans cette optique je vois et j’observe Ségolène Royal suivre une stratégie de rassemblement unitaire avec le parti solferinesque. Je crains que cette stratégie la perde et la coupe définitivement avec l’idéal socialiste qu’elle portait encore jusqu’à peu. Elle ne pourra plus nous faire croire cela alors qu’elle cherche à tout prix à s’allier avec la social-démocratie pour virer Sarkozy paraît-il. Est-ce vraiment une vision d’avenir suffisante pour perdre son âme? Moi je ne le crois pas. Et ce sarkozysme mis en place avec l’appui de ces sociaux-démocrates ne pourra pas être battu par ces mêmes sociaux-démocrates. En tout cas je ne leur donnerai pas ce plaisir.
Je n’ai donc jamais accepté la stratégie unitaire de Ségolène Royal qui est une faute politique majeure pour le socialisme. Moins bien sûr, pour le parti socialiste qui peut ainsi faire croire qu’il est uni. Sans moi et beaucoup d’autres! Cela ressemble à des marchandages politiciens qui oublient de prendre en compte l’intérêt du peuple et je ne l’ai jamais accepté. Que cherche donc vraiment Ségolène Royal? A-t-elle perdu tout espoir d’être candidate? Pense-t-elle que pour gagner il faudra absolument les sociaux-démocrates avec elle? Est-elle elle-même une social-démocrate finalement alors, qu’on a pu espérer qu’elle sache « dépasser la social-démocratie » en revenant au socialisme. La victoire en 2012 vaudra-t-elle tous les renoncements personnels? Pas de mon point de vue c’est sûr. On verra la suite mais pour être honnête je crois pouvoir dire que l’on peut déjà tirer un trait sur le socialisme si par malheur c’était la social-démocratie qui continuerait d’incarner l’alternative politique dans notre pays.
L'important étant de là sauver en l'élisant aux primaires socialistes, c'est là que se trouvera l'aboutissement de son combat. Avec Martine Aubry, elle entrepris un long chemin de réconciliation pour sortir les français de la mouise du Sarkozisme... soutenons là jusqu'au bout, ne tombons pas dans le piège tendu par notre hyper président et de ces sondages commander par l'Elysée.
Nous avons déjà connue cette démarche sondagère en 2006... ne tombons pas à nouveau dans le piège que Sarkozy nous tend, car nous participerions avec lui à la destruction de la société française.
Oui ! nous connaissons tous ces cadres du PS, qui sont de droite, qui ont troqué " l'Idéologie du socialisme de Jaurès" contre l'économie de marché du libéralisme financier, ils nous ont conduit à cette crise... Oui ' nous les connaissons, ils s'appellent : F.Hollande, DSK, Fabius Vals, Rocard etc...
Alors les primaires socialistes nous permettront, de trier sur le volet, tel ou tel candidat-e, qui soit réellement socialiste de gauche, plutôt que l'un des libéraux de la droite libérale nommés ci dessus...
Il faut à la France, une politique de gauche, humaniste, des générations solidaires entre elles, il nous faut revenir à une politique de gauche, moderne...Il faut avoir de la crédibilité, reconnaître d'abord que notre modèle social qui a 65 ans est en phase terminale, qu'il faut en recréer un autre, qui ne soit plus géré et financé par le monde du travail, mais par l'impôt sur tous les revenus. Il nous faut sacrifier toutes ces niches fiscales commerciales et sociales, qui nous privent chaque année de plus de 340 milliards...
Sacrifier toutes les niches fiscale, sera moins douloureux que les travaux à perpétuité que nous propose Sarkozy ou DSK, avec la réforme des retraites instituée d'office.
Moins douloureux qu'un troisième conflit, ou une révolution mondiale... qui nous arrivera assurément si nous ne transformmons pas notre système social qui a 65 ans né au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Ne pas être lucide, ne pas reconnaître que celui-ci est moribond en phase terminal, c'est entretenir et admettre le mal du siècle dernier qu'est le chômage des jeunes de leur parents, c'est entretenir la pauvreté, la précarité, l'exploitation le harcèlement patronal...
Un autre modèle social, ou les charges sociales devront disparaître du monde du travail, pour être remplacé par le financement par l'impôt sur les revenus de tous les citoyens.
Nos remerciements vont à l'auteur de cet article Fabrice Blanc.
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