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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 05:48


Ségolène Royal n'aime pas les attaques ad hominem. Pas question de "distribuer de bons ou de mauvais points" en commentant l'action de tel ou tel membre du gouvernement, et encore moins celle du ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, dont elle fut proche. La présidente de la région Poitou-Charentes ne veut pas jouer "les maîtresses d'école".

Invitée mercredi du "Talk Orange-Le Figaro", l'ex-ministre de l'Enseignement scolaire du gouvernement Jospin se lâche pourtant sur l'Éducation. "Il y a, dit-elle, des bons tabous, mais il y a des tabous qu'il faut faire bouger quand ce sont des tabous idéologiques." L'ancienne candidate à l'Élysée adresse d'ailleurs un satisfecit aux conclusions du rapport de la Cour des comptes sur l'école qui propose de "gérer autrement les enseignants". "Ce que dit Didier Migaud (premier président de la Cour des comptes) est juste, admet-elle. Il y a un gros problème d'organisation, parce que les élèves évoluent, les connaissances évoluent..."

L'occasion pour elle de revenir sur les propos qu'elle avait tenus fin 2006, à Angers. Elle avait lâché?: "Une des révolutions, c'est de faire les 35 heures à l'école." "Ce n'était pas une critique sur la durée du temps de travail, c'était une proposition d'organisation", explique-t-elle aujourd'hui. Ségolène Royal est toujours sur la même ligne. Elle dénonce "l'école organisée comme un système libéral". "Il n'y a pas, regrette-t-elle, de place pour recevoir les élèves et les parents d'élèves (...). Les enseignants viennent faire leurs cours et ensuite quittent le collège faute de moyens matériels pour y rester, y compris pour corriger la copie." Il faut, ajoute-t-elle, "améliorer les conditions de travail des enseignants pour qu'ils soient plus longtemps dans le collège". C'est "une révolution clé" à mener.

Royal a d'autres pistes, notamment sur les évolutions de carrière, qu'il serait bon de moduler en tenant compte de "l'effort et de la difficulté". "Paradoxalement, plus on est gradé dans l'Éducation nationale, moins on a d'heures de cours", regrette-t-elle encore en évoquant la différence de traitement entre les agrégés et les certifiés pointée dans le rapport de la Cour des comptes. Royal veut faire "la révolution". Mais pas au point de critiquer les 60.000 nouvelles places promises sur le quinquennat, promesse phare du candidat Hollande. "Le gouvernement a raison dans le sens où beaucoup de postes ont été supprimés." La révolution a ses limites. Anne Rovan 

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Published by avenir56 - dans POLITIQUE
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