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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 20:07

Ségolène Royal a accordé une formidable interview à Bourdin sur les plateaux de BFMTV. En excellente forme, très sereine elle a été invitée à faire le point de l'actualité et c'est une très Grande Femme d'Etat qui a , sans jamais pratiquer la langue de bois, avec les mots de tout le monde et son sens de la pédagogie  expliqué aux Français les problèmes auxquels est confrontée  la France, les problèmes auxquels ils sont confrontés et le sens de la politique menée par le Président de la République et le gouvernement, sans oublier de donner son avis personnel avec la parole libre qui la caractérise.

 

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BFMTV:" Ségolène Royal, Bonjour. Merci d'être avec nous. Ce matin, Ségolène Royal, c'est un peu votre grande rentrée radio-télé sur RMC- BFMTV.


SUR LA SYRIE:

 

Ségolène Royal, est-ce qu'aujourd'hui les conditions d'intervention militaire en Syrie sont toujours réunies?

 

SEGOLENE ROYAL:" Non, Non, pourquoi? Parce que la diplomatie évolue dans la bonne direction et que tout est préférable en tant que solution diplomatique à une guerre.


BFMTV: La guerre qui existe toujours en Syrie, on ne met pas un terme à la guerre, là.


SEGOLENE ROYAL: La guerre existe toujours mais au moins on ne déclenche pas une guerre mondiale en faisant des frappes....


BFMTV...Parce que vous croyez qu'on peut déclencher une guerre mondiale?


SEGOLENE ROYAL: Bien sûr il y a un risque. Il y a un risque d'intervention, mais il y a un risque peut-être encore plus grand de non   intervention car la non intervention peut aussi déclencher un conflit  mondial au sens où ceci donne un feu vert à la dissémination des armes chimiques et à la dissémination des armes nucléaires.


BFMTV: Alors si on n'intervient pas on peut déclencher la guerre mondiale et si on intervient, on déclenche la guerre mondiale?


SEGOLENE ROYAL: Exactement. C'est pourquoi la solution diplomatique est la meilleure parce que la menace d'intervention, dès lors qu'elle est suffisamment dissuasive, la dissuasion nucléaire par exemple parce que c'est le sens même de la logique de la défense française, la dissuasion nucléaire, la dissuasion de la menace d'intervention doit être suffisamment forte pour que, en effet les tyrannies renoncent à leurs instincts de domination, de dissémination des armes chimiques et des armes nucléaires. Et c'est ce qui est en train de se passer et je souhaite que ça aille jusqu'au bout du processus car s'il n'y avait pas eu cette menace d'intervention, sans doûte que la Russie n'aurait pas bougé.


BFMTV: Vous croyez à la volonté russe de soumettre Damas à un contrôle international sur les armes chimiques syriennes, de soumettre Damas à un démentèlement de ces armes chimiques qui va durer dix ou quinze ans parce que c'est long?


SEGOLENE ROYAL: C'est une vraie question. Mais en même temps quand on rentre dans une discussion et dans un processus diplomatique, on est obligé d'accorder un minimum de crédit à ce qui est dit, ce qui n'empêche pas d'exiger des preuves. Aujourd'hui tout le travail des organisations internationales et notamment de l'ONU et du Conseil de Sécurité, c'est d'exiger des preuves et d'exiger la mise en application de ce qui vient d'être proposé.


BFMTV: La France exige. La Russie a déjà dit non. La France a proposé une résolution obligeant Damas dans les quinze jours à ouvrir des stok d'armes chimiques et à s'engager à les supprimer.


SEGOLENE ROYAL: Mais la France a raison de continuer à faire son rapport de force.Les discussions vont s'engager. Donc un certain nombre de résolutions vont être mises sur la table. C'est le sens même des discussions.


C'est bien de trouver une porte de sortie. Vous ne croyez pas que c'était dangereux pour la France d'intervenir avec des risques de représailles? Vous ne croyez pas que c'était dangereux d'être dans une coalition très ... Il fallait trois conditions pour intervenir être dans une coalition suffisamment large pour éviteune opposition artificielle orient occident, qui serait dangereuse, le choc de civilisations que prônait Busch, qui est très dangereux, ensuite le calcul de risque de représailles sur la France et enfin la recherche d'un débouché. et l'intervention sous la forme de règles d'interventionisme.


BFMTV. Si OBAMA n'avait pas changé d'avis le samedi, la France et les USA étaient prêts à frapper militairement on le sait.


SEGOLENE ROYAL: C'est vrai. Mais OBAMA pourquoi a-t-il changé d'avis? Il a changé d'avis parce qu'il a senti qu'il y avait des solutions. ...Ce qu'il faut retenir , ce qu'il faut mettre au crédit et du Président Français et du Président Américain c'est d'avoir eu le courage de mettre sur la table cette menace, cette menace d'intervention qui va permettre aujourd'hui sans doûte d'éviter la guerre.


BFMTV:Vous pensez que la guerre est évitée?


SEGOLENE ROYAL Je crois que la guerre est évitée et je crois que toutes les diplomaties sont en mouvement pour empêcher la guerre. Et d'ailleurs c'est notre responsabilité, à nous, responsables politiques de construire un monde de paix. Alors on peut dire que c'est une utopie, mais cette utopie doit être recherchée avec acharnement parce que nous avons la responsabilité dans le monde dans lequel nous vivons de construire un monde de paix."

 

Belle analyse de la situation. Ségolène Royal est très lucide et a l"honnêteté de dire la vérité aux Français au moment où ils doutent, où ils se prononcent contre l'intervention parce qu'ils ne veulent pas la guerre sans se rendre compte que le pire des dangers serait de laisser le tyran syrien assassiner  son peuple avec des armes chimiques, interdites, en violation des conventions internationales ....et de ne rien faire...


L'ONU, le Conseil de Sécurité sont là pour empêcher les conflits, chaque fois que faire se peut, mais surtout de faire respecter les règles internationales, et exiger leur application. Un blocage du Conseil de Sécurité et de l'ONU signifierait lur paralysie, leur impossibilité d'agir, la dissémination des armes chimiques et nucléaires comme le souligne avec beaucoup de conviction Ségolène Royal. La paralysie de l'ONU, c'est la fin de la longue période de paix que nous avons connue et c'est la guerre mondiale avec des conséquences terrifiantes, compte tenu du pouvoir de destruction des armes dont nous disposons...La destruction de Pays entiers...


Il ne faut pas avoir la mémoire courte...Après la guerre de 14-18, il y eu La Société des Nations...Lorsqu'elle se trouva bloquée...il y eut la guerre de 39-45....Ne reproduisons pas les mêmes erreurs car nous avons tous donné à nos politiques la mission de construire la paix.

 

BFMTV: LES IMPOTS: ces fameuses hausses d'impôts. Est ce que vous croyez franchement à la pause fiscale annoncée par le Président de la République, pendant l'été?

 

SEGOLENE ROYAL: Oui, il faut qu'elle soit appliquée cette pause fiscale.

 

BFMTV: Est ce que vous croyez qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts durant 2014?

 

SEGOLENE ROYAL: Ca a été dit. Ca doit être fait. Et donc le débat parlementaire va débuter. Le Gouvernement va présenter le projet de loi de finance. Il va falloir que ça soit fait. Pourquoi il va falloir que ce soit fait? Je connais la tentation de résoudre les problèmes par des impôts nouveaux. Et comme je l'ai dit c'est le degré zéro de la pensée politique. Lever des impôts pour régler un problème. Surtout aujourd'hui où il y a des indices de reprise économique. Donc il ne faut pas casser ces indices de reprise économique. C'est ce que l'on sent aujourd'hui sur les territoires. Des entreprises qui commencent à reprendre un petit peu espoir. Donc on ne doit pas casser l'esprit d'entreprendre. On ne doit pas casser le retour de la confiance par des impôts nouveaux.

 

BFMTV: Mais dîtes moi, ils sont déjà prêts les impôts nouveaux: la TVA...

 

SEGOLENE ROYAL: Mais attendez. Qu'est-ce qui vous permet de dire cela. Attendez le débat parlementaire.

 

BFMTV: Les cotisations retraites qui vont augmenter. Ce sont des prélèvements. Ce ne sont pas des impôts directs.

 

SEGOLENE ROYAL:Au moins on échappe à la hausse de la CSG.

 

BFMTV: Vous étiez contre?

 

SEGOLENE ROYAL: Oui, j'étais contre. C'est assez simple. La reprise économique est à la fois difficile et  simple parce qu'on est dans un contexte compliqué; Le retour de la confiance: la confiance, elle ne revient que si les gens ont une idée claire. On voit où on va. Avec quelles règles du jeu. Si les règles du jeu  changent tout le temps pour un chef d'entreprise ou pour un créateur, il va hésiter à s'engager. Or la reprise de la croissance, c'est à dire la capacité qu'ont les entreprises à créer des emplois, donc à lutter contre le chômage, elle dépend de cette capacité que l'on a à reconstruire la confiance c'est à dire à donner de la visibilité aux acteurs économiques. Et la première des choses c'est d'arrêter les augmentations d'impôts.

Moi je suis, permettez moi de le dire, crédible pour le dire parce que je préside ma région et je n'ai pas augmenté les impôts depuis neuf années. Je travaille à budget constant depuis neuf ans.

 

BFMTV: Ce que vous faites, l'Etat peut le faire?

 

SEGOLENE ROYAL: Mais bien sûr. L'Etat peut le faire. Ca veut dire quoi? Ca veut dire qu'à chaque dépense nouvelle il faut l'économie correspondante. A chaque dépense nouvelle une économie correspondante.

 

BFMTV: C'est une question de volonté politique, de courage politique, Ségolène Royal, que certains n'ont pas?

 

SEGOLENE ROYAL: Je dis que la gestion d'un budget public c'est possible: quand on fait une dépense supplémentaire, on fait une économie correspondante. Alors moi, évidemment, j'agis à l'échelle d'une région. Mais je veux dire que toutes les collectivités locales peuvent le faire et ça veut dire que l'Etat peut le faire. Donc, il faut changer aujourd'hui les règles du jeu.

 

BFMTW: Quand on baisse le quotients familial, ça veut dire qu'on augmente les impôts.

 

SEGOLENE ROYAL: . Ca dépend ce qu'on en fait. Si on réinjecte dans la politique familiale le surcroît d'impôt; il a deux objectifs -  et c'est important l'impôt; la politique sur la paix, la contribution à la dépense publique pour faire des écoles, des commissariats de police, des routes, des hopitaux etc...Donc c'est très important. Je ne tiens pas un discours  contre l'impôt. Mais il faut un impôt juste; donc la fiscalité sert à faire la justice. Et il faut un impôt stable et efficace.

 

BFMTV: Parlons du pouvoir d'achat. Il faut aider les plus modeste. Donc il faut donner un chèque énergie, pour compenser, par exemple pour compenser les hausses d'électricité, augmenter la prime pour l'emploi.. Quelle solution vous préconisez?


 

SEGOLENE ROYAL: Il faudrait donner du pouvoir d'achat. C'est compliqué dans le contexte  budgétaire.Il y a des pistes. Par exemple sur l'énergie. En faisant des travaux d'économies d'énergie. Et c'est pour çà qu'il y a ce que l'on appelle la mutation énergétique qui est un mot un petit peu compliqué mais qui consiste à dire: il faut isoler les logements et il faut passer à l'énergie solaire et à l'énergie éolienne. Ca va faire des économies. Quand je fais des travaux d'énergie sur les logements de ma région les gens économisent entre cinq cent et mille euros, entendez entre cinq cent et mille euros par an. L'Etat le fait aussi. Alors il n'y a peut-être pas de visibilité, mais il faut surtout passer à l'échelon supérieur. C'est à dire que il faut que ces investissements sur les économies d'énergie et sur les énergies renouvelables qui vont permettre aux Français de dépenser moins, donc de gagner du pouvoir d'achat soient massifs.De même sur les transports. Les Français dépensent énormément d'argent pour mettre de l' essence dans leur voiture. Pourquoi la mutation vers la voiture électrique n'est pas plus rapide?


 

BFMTV: QUELLES PROPOSITIONS FERIEZ VOUS POUR LA VOITURE?

 

SEGOLENE ROYAL:

Par exemple le stationnement gratuit, la baisse de la TVA sur la voiture électrique, l'équipement de tous les services publiques en voitures électriques. Qu'est-ce que çà coûte la voiture électrique par rapport à l'essence, Un euro les cent kilomètres. Pourquoi est-ce que toutes les entreprises publiques et les administrations  ne sont pas dotées de voitures électriques.?Pas seulement la MIA électrique, que nous fabriquons dans la région à 8500 euros. Parce qu'il n'y a pas assez de volonté  politique nationale pour développer ça. La voiture américaine qui vient d'être montrée au salon, elle s'appelle la TESLA,. Ce sont deux ingénieurs français qui l'ont construite. Ca veut dire quoi? Ca veut dire que la France a du talent, que la France a beaucoup de savoir faire. La France a de très bons ingénieurs.Ce que je veux dire c'est que la France a énormément de forces à développer, de potentiel, d'imagination. On le voit dans tous les domaines. On a des secteurs de pointe dans l'aéronautique, dans l'agro alimentaire, dans les bio-technologies. Il n'y a aucune raison que l'on ne réussisse pas le redressemenrt de la France.

 

BFMTV: LA REFORME DES RETRAITES: Elle vous convient cette réforme des retraites?

 

Il y a de bonnes choses dans la réforme des retraltes. En particulmier la prise en compte de la pénibilité des tâches. Il y a un  rattrapage des injustices qui avaient été faites pour les femmes qui ont des carrières incomplètes parce qu'elles se sont arrêtées pour élever leurs enfants ou qu'elles subissent le chômage partiel et qu'il est injuste de les voir partir à la retraite avec au dessus du revenu minimum ou le minimum vieillesse. Donc cela ce sont deux choses qui vont dans la bonne direction. Il y a une augmentation, c'est vrai, qui pèse sur les revenus du travail, et cela c'est embêtant. L'essentiel c'est que le chômage diminue. Si le chômage diminue les cotisations rentrent. Moi je ne voulais pas qu'il y ait d'augmentation de la CSG et elle n'a pas été retenue.


 

Sur le Front National SEGOLENE ROYAL estime qu'on remet trop le Front National au centre du débat politique.La question n'est pas d'agiter l'épouvantail du Front National c'est de savoir pourquoi les gens vont aux extrêmes et apporter des solutions à leurs inquiétudes et à leurs angoisses. La vraie question est de savoir pourquoi il y a un vote vers les extrêmes que l'on ne doit ni mépriser ni ignorer. Pourquoi il y a ce vote: parce que les gens se sentent déracinés.Ils se demandent quelle est leur identité aujourd'hui. On voit par exemple le vote aux extrêmes dans tous les zones péri-urbaines de la France;Pourquoi, parce que les gens sont entre  villes et campagnes. Ca leur coûte énormément cher de se déplacer. Ils sont plus fragilisés dans leur famille et leur travail. Et donc il y a un sentiment de perte de contrôle de sa vie.


Ensuite il y a un vote vers les extrêmes parce que les gens se disent qu'il y a  des mutations. On l'a vu sur le plan international. Ce monde est en train de changer à une vitesse accélérée. On ne voit pas clairement quelles sont les règles du jeu du monde de demain. Et donc il n'y a qu'une petite minorité de gens qui vont s'en sortir: les plus riches et les plus dégourdis.Et puis tous les autres qui vont s'engoisser pour savoir comment ils bouclent leurs fins de mois.Et cela les gens ne l'acceptent plus. En clair, je pense que les Français qui comprennent le sens des réformes qui leur sont demandées, pourquoi on leur demande des efforts et comment ça va être gagnant gagnant à un moment. Si on leur explique cela, à ce moment là ils vont pouvoir se remettre en mouvement et redonner leur énergie au pays, Et  deuxièmement ils veulent avoir la garantie aussi que ces efforts demandés sont équitablement répartis et que les responsables politiques donnent l'exemple.Voilà en clair les règles du jeu.

 



 

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Published by Françoise BAUMAL - dans POLITIQUE
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