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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:10

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Projet de loi ouvrant le mariage aux couples de

personnes de même sexe - Discours de

Dominique Bertinotti - Mercredi 17 avril 2013


Seul le prononcé fait foi


Monsieur le Président, 
Madame la Garde des Sceaux, 
Monsieur le Président Urvoas, 
Monsieur le rapporteur Binet, 
Mesdames et messieurs les députés,

 

 

Le projet de loi qui vient en seconde lecture devant votre assemblée, que vous avez adopté une première fois et que le Sénat a consolidé, met toutes les familles -et j’insiste - toutes les familles, sur un pied d’égalité. Faut-il le répéter, cette loi n’enlèvera rien à personne mais donnera à tous, les mêmes droits et les 2 mêmes devoirs. Faut-il le répéter, ce choix de l’égalité, 13 pays l’ont déjà fait avant nous. D’autres le feront après nous.

 

Ils le feront car nos démocraties ne sont jamais aussi fortes et confiantes dans leur avenir que lorsqu’elles s’adressent à tous leurs concitoyens, à tous leurs enfants, à toutes leurs familles. Elles s’élèvent quand elles portent une vision généreuse de la famille, une vision qui inclut et non qui exclut.

 

Inclure et non exclure c’est prendre en compte la réalité des familles dans leur grande diversité plutôt que de les figer dans un modèle unique.

 

Inclure et non exclure, c’est reconnaître dans nos mairies, sous le sceau de nos valeurs républicaines, tous les couples quelle que soit leur orientation sexuelle.

 

Inclure et non exclure, c’est permettre à tous les couples de faire le même choix entre trois statuts différents, le concubinage, le PACS et le mariage.

 

Inclure et non exclure, c’est donner à tous les enfants la même sécurisation juridique.

 

A une fillette de dix ans élevée par ses deux pères, Barack Obama a écrit :

« Aucune famille ne ressemble à une autre. Nous célébrons cette diversité. Et nous affirmons que peu importe que tu aies deux papas ou une maman, ce qui compte par-dessus tout, c’est l’amour que nous démontrons les uns pour les autres. (…) Nos différences nous unissent. Toi et moi avons le bonheur de vivre dans un pays où nous naissons égaux quelle que soit notre apparence extérieure, l’endroit où nous avons grandi, ou qui sont nos parents. »


Tournons-nous vers l’avenir pour que demain, dans notre belle République, nos concitoyens homosexuels aient le droit d’exister sereinement dans une dignité retrouvée.

 

L’homosexualité n’est ni de gauche ni de droite, ni de la ville ni de la campagne, ni d’une classe sociale pauvre ou aisée, ni bobo, ni marginale. C’est tout simplement une orientation sexuelle, que 90% de nos concitoyens estiment être une façon comme une autre de vivre sa sexualité. C’est un fait et pas un choix.

 

Comment ne pas vouloir l’égalité ? Que l’on soit homme ou que l’on soit femme, que l’on soit blanc, ou que l’on soit noir, que l’on soit homosexuel ou hétérosexuel, ce sont des différences qui ne justifient en rien la moindre inégalité. A l’équité qui se contente de réduire les inégalités nous préférons l’égalité qui vise à les supprimer.

 

Oui je vous le dis, en votant cette loi vous serez les meilleurs défenseurs de la famille, de celle qui en son sein sera capable grâce à la République de reconnaitre toutes ses composantes, d’y apporter l’apaisement et ce point final à l’exclusion de certains. Avec cette loi, plus personne ne sera clandestin dans sa famille, clandestin dans la société, clandestin dans la République.

 

Les parlementaires ont déjà été mobilisés 110 heures dans cet hémicycle et 52 heures dans celui du sénat sans compter les nombreuses heures consacrées aux auditions. Il n’est pas un journal, il n’est pas une radio, il n’est pas une télé qui n’ait évoqué ce sujet ces six derniers mois. Il n’est pas un repas de famille, il n’est pas une discussion entre amis qui ne l’ait abordé.

 

Alors oui il est temps de conclure ce débat. Tous les arguments ont pu être échangés. C’est au bout du compte deux visions de la famille qui se confrontent : un modèle unique face à une pluralité de modèles familiaux.

 

Devant la réalité de la société et des choix de nos concitoyens, il n’est plus possible de rester indifférent à la révolution silencieuse des familles qui a eu lieu, il n’est plus possible de revendiquer un idéal de famille qui n’existe déjà plus. A-t-il d’ailleurs jamais existé ?

 

François de Singly le dit avec beaucoup de justesse : « Ce qui est intéressant dans le fait que la définition de la famille soit floue, c’est que cette imprécision autorise son succès. L’universalité de la famille tient dans son absence de définition. »


L’absence de définition de la famille n’a jamais empêché la construction d’un cadre juridique, mais qui est par nature évolutif. Cette loi est une avancée qui s’inscrit dans cette évolution permanente et qui répond à la demande de nos concitoyens de rentrer dans ce cadre juridique.

Cette loi est donc une avancée pour tous.

 

Voulons-nous dans notre société des familles égales et fraternelles ? Aujourd’hui, je vous invite à répondre « OUI ».


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Published by avenir56 - dans POLITIQUE
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