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François Hollande a ouvert ce lundi la conférence sociale au Palais d'Iéna. Retour sur les principaux éléments du discours et la méthode de travail adoptée.
Le Président a commencé son discours en nommant les trois grands défis à relever
pour sa mandature: "d’abord le redressement de nos comptes publics". Soulignant l'origine structurelle de la dette: "notre pays ne
peut prendre la responsabilité de consacrer près de 50 milliards d’euros au paiement des charges d’intérêt et le risque de devoir lever des fonds qui peuvent à tout moment être rendus plus
onéreux par une éventuelle vulnérabilité de notre dette sur les marchés"
Deuxième défi, "la détérioration de notre compétitivité" qu'il attribue en particulier à la désindustrialisation qu'il juge "inacceptable". Et d'expliquer: "elle nuit à notre indépendance, elle fragilise nos territoires, elle réduit notre capacité à créer des emplois".
Enfin François Hollande a évoqué le troisième défi: "celui du chômage et de la précarité"; puis de marteler: "le retour d’une croissance plus élevée est la voie la plus sûre pour créer des emplois". Le président rappelle la nécéssité d'une "stratégie mobilisant l’offre comme la demande et une politique européenne donnant priorité à la croissance plutôt qu’à l’austérité" avant d'affirmer: "je n’admettrai pas qu’un pays comme le nôtre se résigne à considérer le chômage comme une fatalité".
Puis le président s'est attaché à décrire les conditions de la redéfinition du "contrat collectif" et du redressement de la France: si des efforts sont nécessaires "aussi bien sur le plan budgétaire et fiscal", "les Français veulent en comprendre le sens". Puis il a insisté sur la nécessité de justice et de confiance.
François Hollande a également expliqué la méthode retenue pour la conférence sociale: "aborder l’ensemble des sujets, sans exclusive", "fixer un agenda cohérent et partagé permettant d’avancer en commun, dans le respect de l’indépendance de chacun" et enfin "s’inscrire dans la durée". Alors que "l’Etat a bien souvent mené des concertations de pure forme avec les partenaires sociaux" de même que "les acteurs sociaux eux-mêmes n’ont pas toujours pris l’initiative pour engager [...] les mutations indispensables", le président souhaite "retrouver le sens du dialogue" et pour celal'inscrire dans la Constitution.
Enfin François Hollande a détaillé les sept grands thèmes autour desquels se déroulera la conférence sociale: l'emploi, le développement des compétences et la formation tout au long de la vie, les rémunérations, la qualité de vie au travail, l'avenir des retraites, la modernisation de l'action publique et enfin les modalités du redressement productif. Puis de conclure: "Voilà la belle ambition de cette conférence sociale : définir un pacte de confiance et d’efficacité entre Etat, salariés, entreprises, partenaires sociaux, qui remette la France au centre du jeu économique mondial.
« Il y a une certaine logique à entreprendre cette démarche ici », a affirmé François Hollande. « Votre Conseil prouve que notre nation peut être rassemblée. Vous êtes une des expressions de la vitalité de notre nation (…) de la variété de ses formes et de ses sensibilités. »
S’adressant directement au CESE, le président a expliqué qu’il avait besoin de son « engagement », de sa « liberté », de son « indépendance (…) Ensemble, nous devons redresser la France, nous avons à la réconcilier avec elle-même (…) rien n’est inaccessible à un peuple lucide, conscient de lui-même et confiant en son destin. »
Le président de la République a exprimé son souhait que le Parlement puisse mieux articuler ses travaux avec ceux du conseil économique, social et environnemental, notamment avec plus de saisines. Les membres du gouvernement auront toute liberté pour venir présenter le bilan de leur action devant le CESE, a insisté François Hollande. Autre volonté, celle « d’abaisser le seuil des 500 000 signatures » de citoyens nécessaires pour saisir le CESE directement.
Le président de la République est revenu sur sa « nouvelle étape de la décentralisation » rappelant que « l’État n’est pas la Nation à lui seul (…) Il ne peut pas prétendre tout faire tout seul, il se condamne à l’inefficacité voire à l’impuissance. »
« Nous devons faire le clair sur les modes de financements, donner une plus grande lisibilité et donner plus de réponses à
ceux qui sont les plus proches de nos citoyens ». Cela passera par « d’avantage de moyens aux régions » notamment « en matière de transport ». Quant aux départements,
ils doivent « se tourner autour de politiques de solidarité et de proximité. »
Les nouvelles entités urbaines comme « les métropoles, les comités d’agglomération » doivent être « des vecteurs de
croissance » mais pas une collectivité « qui viendrait se surajouter ».
Pour relancer la France, le Président a mis en avant le dialogue. « L’enjeu est bien là, pour répondre à l’urgence, mieux vaut prendre son temps » a souligné le chef de l’État, invoquant « le dialogue et le temps de la concertation ».
« Le dialogue n’est pas un obstacle sur le chemin des décisions mais permet de les prendre et de les appliquer clairement. Il doit être un processus constant et cohérent » que le président souhaite « inscrire dans la pratique mais aussi dans la lettre » à travers la constitution. « Aucune proposition de loi modifiant les conditions de vie au travail ne devra être adoptée sans une concertation préalable des partenaires sociaux a-t-il ainsi affirmé. »
François Hollande est revenu longuement sur le thème de l’emploi qui sera « au premier rang des priorités », particulièrement pour « les jeunes et les séniors. »
« Quel modèle social pour la France de demain ? » s’est-il interrogé. « Ma conviction c’est que nous avons besoin d’un environ social qui lui-même permette de donner une protection contre les aléas a de la vie » sans sacrifier la « performance économique. « Pour parvenir à concilier performance et justice. » Un modèle qui reste à « inventer ».
François Hollande a précisé que « la croissance ne naîtra pas de dépenses publique supplémentaires, alors qu’elle peut surgir d'une volonté commune, celle que l'Europe peut affirmer, de mettre en place des instruments nouveaux: euro-obligations, instruments financiers, notre imagination peut être grande (…) Nous devons réduire notre déficit public. »
Le président a mus en avant les cinq grands enjeux : la compétitivité de l’économie, la transition énergétique avec en ligne de mire « une nouvelle tarification », la jeunesse avec un « nouveau pacte entre l’école et la Nation »pour « rétablir la formation professionnelle des enseignants, mieux respecter les temps de l’enfant, voir comment nous pouvons améliorer la formation professionnelle (…) Attention à une jeunesse qui serait en rupture ! » a-t-il prévenu. Derniers enjeux, l’égalité entre les territoires et la justice sociale.
Reste le « défi du financement. Sans doute faudra t-il changer les modes de financements » et « appeler des financements multiples » pour éviter de peser sur les caisses de l’État. Cela passera par « l’épargne » mais aussi par des « réformes fiscales (…) Je suis sensible à ceux qui demandent des efforts, a expliqué François Hollande. Mais qu’ils commencent par eux même. »
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